Repas à Liège ce 12 juillet 2026
Rendez-vous à la maison pour un nouvel épisode de ces rencontres gourmandes.
Trop occupé le jour dit pour prendre des notes, les vins ont été commentés à l'ouverture ou à J+1, parfois sur des fonds de bouteille.
Charcuteries (canosa, san daniele riserva), gazpacho, crème de carotte

Champagne Ruffin Premier Cru Extra-Brut L’Aspirant
51% chardonnay et 49 % pinot noir sur la commune d’Avenay Val d’Or. Base 2022 avec 10% de vins de 2021. Vinification en fûts d’acacia. Dosage 3 gr. Dégorgement 30/09/2024.
Perception identique à ce qui a été écrit précédemment pour ce champagne qui ne fait pas trop champagne, ce qui le rend d’une certaine manière intéressant : « En ce concerne la cuvée « Aspirant », j’ai envie de qualifier ce vin de champagne atypique : j’ai rarement dégusté une cuvée aussi délicate, fraîche mais loin d'être tendue, gourmande, empreinte de fruit pur et de fleurs et sans aucune trace d’oxydatif ni de notes de craie. La bulle est bien fine et seulement en soutien ce qui renforce cette impression de légèreté fruitée et orienterait peut-être le dégustateur à l’aveugle vers une autre région. Mais j’aime beaucoup et c’est franchement délicieux. »
Champagne Pertois-Lebrun Grand Cru Extra-Brut Le Fond Du Bateau n°15
100% chardonnay grand cru. Millésime 2015. Vieilles vignes de plus de 50 ans plantées sur une parcelle de 1,44 ha à Chouilly. Sols limons calcaire sur socle de craie. Vinification pour 65% en cuve et 35 % sous bois. Dosage 2 gr. Dégorgement 01/2023.
Petite pointe oxydative au premier nez puis agrumes (surtout citron), fruits blanc (mirabelle), herbes aromatiques évoquant la marjolaine. Une touche de fleurs des champs sur un substrat crayeux complètent un tableau d’un classicisme plutôt séduisant. La bouche est droite et concentrée sans être stricte, dynamique sans être tendue. La bulle est légère et pimpante. C’est parfaitement équilibré et le vin se termine longuement, porté par des amers fins et un beau fruit. Très beau champagne d’apéritif.

Tartare de noix de Saint Jacques, salicorne, baies de timut, menthe, jus de fruit de la passion, fleurs des Dolomites.

Weingut Weiser-Künstler Riesling Enkircher Steffensberg 2021 (Moselle – Allemagne)
Coteau pentu de schiste rouge exposé plein sud dans un petit vallon perpendiculaire à la Moselle. Vinification et élevage en vieux tonneaux de 500 l après courte macération préfermentaire.
Premier abord franchement terpénique évoluant vite vers le citron vert, les fleurs blanches et une pointe de miel. S’ensuivent des arômes d’amande amère, de zeste de mandarine et de pomme golden. La bouche est effilée mais juteuse et plutôt concentrée. Le faible taux d’alcool laisse s’exprimer à loisir une acidité fruitée imposante un peu verte mais sans dureté qui porte le vin. Tension citrique et amers fins caractérisent une finale pointue et persistante. Vin sans concession qui laisse la bouche bien fraîche et accompagne très bien les saint jacques.
Weingut Prager Riesling Smaragd Ried Klaus 2021 (Wachau – Autriche)
Parcelle en coteau pentu (44%) plongeant sur le Danube au nord-est de Weissenkirchen. Exposition SE. Sols d’amphibolite, migmatite et paragneis. Vinification et élevage en cuve inox.
Bouquet déà expressif sur les fruits exotiques, les fleurs blanches (aubépine) et les fruits du verger juteux avec une touche de crème pâtissière et de silex. A l’aération, les herbes aromatiques s’imposent davantage (camomille, aneth, verveine, thym-citron ) de même que les notes salines. La bouche est ronde et fruitée, large et verticale en même temps avec une matière enrobée, mûre mais bien dynamique. L’ensemble propose une grande élégance globale avec une texture très séduisante et beaucoup de classe. Grande longueur fruitée aux amers délicats avec un retour salivant. Magnifique vin.
Bodega Puro Rofe Lanzarote Rofe Blanco 2021 (Canaries – Espagne)
Assemblage de malvasia volcanica, listan blanco et diego, raisins vendangés séparément pour respecter les stades de maturité respectifs puis assemblés. Vignes de 100 ans sur sols de sables volcaniques noirs. Fermentation et élevage de 8 mois en cuve inox.
Nez ouvert et puissant sur les épices, les fruits jaunes confits et le coing. On note à l’aveugle une nette impression de boisé alors que le vin ne voit jamais le bois. A l’aération, senteurs de citron et de pamplemousse jaune vite dominées par des émanations de soufre rappelant l’odeur des fumerolles d’un cratère volcanique. La bouche est puissante et large au boisé marqué (à nouveau !!). C’est frais mais massif et plus impactant qu’élégant. Longueur imposante aux amers rustiques et à la minéralité exacerbée. Vin complexe au gros caractère.

Omble chevalier, sauce anis et gingembre, bâtonnets de carotte, salicorne, fleur de capucine

Cascina Penna-Currado Derthona Timorasso E.P. 2024 (Piémont – Italie)
Luca Currado est l’ancien gérant et vinificateur de Vietti à Castiglione Faletto. Après la cession de ce domaine, le couple exploite un petit domaine sis à Serralunga ainsi que des vignes de timorasso appartenant à son épouse Elena Penna (d’où sans doute les initiales E.P.). Les vignes de 15 ans se situent à Berzano di tortona (AL) sur des sols de marnes de Sainte Agathe. Fermentations longues d’un mois en grande partie en vendanges entières en évitant par un système spécifique que le caractère « orange » soit marqué. Trois types de contenant : céramique, inox et acacia. Pas de FML. Elevage de 9 mois sur lies.
Bouquet assez expressif sur les agrumes, les fruits à noyau, la poire et les fleurs blanches (tilleul, voire rose sauvage) avec une note de levure en arrière plan. A l’aération, on perçoit en sus des herbes aromatiques évoquant la tisane et le romarin ainsi qu’une note de raisin frais presque muscaté. La bouche est concentrée, ample et puissante tout en restant juteuse et assez tonique même si l’acidité est mesurée et couverte par des amers qui pourraient être plus élégants. On retrouve les notes de levures dans une fin de bouche de persistance conséquente mais pas exceptionnelle.
Domaine Bouzereau-Gruère Meursault 1er Cru Les Genevrières 2016
Robe d’un doré (très) soutenu étonnant (Aucune trace d’oxydation prématurée cependant). Premier nez proposant encore des notes d’élevage mais discret et de grande classe. Ensuite, fruits du verger mûrs, tarte tatin, noisette grillée, herbes aromatiques avec une pointe de caramel, de vanille et d’épices douces. La bouche est d’une grande élégance, raffinée malgré un gros volume et une présence compacte au palais. C’est ample, dense et frais même si le vin est plus en largeur qu’en verticalité. Finale plus saline qu’attendu avec une belle persistance oscillant malgré tout entre boisé fin et fruits épicés et caramélisés. Très beau vin, classique et fin.
Domaine Marie-Thérèse Chappaz Grain Blanc Les Claives 2012 (Valais – Suisse)
100% petite arvine. De mémoire, deux grains blancs furent élaborés dans ce millésime, dont le classique et ce parcellaire issu des Claives.
Bouquet complexe aux accents très balsamiques (encens, cuir, cire, note de résine) avec des fruits exotiques bien mûrs (mangue) mais aussi de l’abricot et de l’orange de Séville puis quelques notes florales et de terre chaude. La bouche est grasse et riche avec un alcool présent mais bien intégré et contrebalancés par des amers imposants. On a de la fraîcheur mais le vin joue plus la carte de la puissance et de l’énergie interne que de la verticalité. Longueur énorme sur les fruits confits caramélisés et les amers. Impressionnant mais un surcroît d’élégance aurait été bienvenu.

Mini pennes, sauce au foie de veau et à la sauge, foie gras poêlé, morilles

Domaine La Colombe Raymond Paccot La Colombe Noire Réserve 2022 (Vaud – Suisse)
100% pinot noir. Vignes de plus de 50 ans dans le secteur de Féchy- La Côte dans le canton de Vaud. Macération de 20 jours avec 70% de vendanges entières. Elevage en barriques et tonneaux.
Bouquet réservé proposant des arômes de petits fruits rouges et noirs avec une délicate trace d’élevage vanillé et un côté très floral de rose ancienne assez séduisant. A l’aération, on y ajoute des senteurs plus sauvages d’herbes aromatiques et de ronce. D’abord souple et ample à l’attaque, la bouche se resserre vite et se voit dominée par une extraction un peu poussée amenant outre des tanins de qualité quelques amers conséquents qui perturbent la fraîcheur sous-jacente de l’ensemble et l’aromatique avenante du vin. Finale de persistance simplement correcte. Le potentiel est présent mais ce vin demandera quelque temps pour ce mettre en place et s’exprimer.
Domaine Chauvenet-Chopin Clos de Vougeot Grand Cru 2016
Bouquet profond mais réservé sur les fruits des bois, la tarte à la myrtille, le café et le cuir frais. Par la suite, on perçoit en sus des notes d’églantier, de menthe et d’eucalyptus. On pressent une complexité en devenir mais le frein est serré ce que confirme une bouche fruitée à l’attaque évoluant par après vers une concentration un peu austère malgré de superbes tanins déjà fondus et une belle fraîcheur d’ensemble. Présence ferme mais équilibre sauvegardé et prépondérance actuelle de la texture sur le fruit se marquent jusqu’à la belle persistance finale. Beau potentiel mais le vin doit se libérer.
Weingut Wieninger Blauburgunder Grand Select 1999 (Vienne – Autriche)
Vieilles vignes du Ried Hochfels dans le Wiener Bisamberg. Sols de loess sur calcaire dur et muschelkalk. Fermentations à la bourguignonne en cuve tronconiques ouvertes avec pré-macération à froid de quelques jours. Elevage de 20 mois en barriques neuves.
Bouquet évolué sur la framboise et la cerise cuites, les herbes aromatiques, le poivre noir et une touche de cuir et rhum puis le végétal gagne en présence (thé, écorce de chêne, réglisse). On retrouve cette empreinte végétale en bouche avec une matière concentrée et fine mais un peu herbacée et des tanins légèrement verts. L’avantage est que l’ensemble conserve pas mal de fraîcheur et de jus. En revanche, la persistance finale est limitée tout en étant portée par de petits amers. Le vin apparaît quand même un peu fatigué et était meilleur (et plus fruité), il y a quelques années.

Trio d’entrecôtes (irlandaise, espagnole, américaine), crudités, pommes grenailles
Weingut Tiefenbrunner Cuvée Rot Linticlarus 2021 (Alto Adige – Italie)
Assemblage de 55% cabernet sauvignon et 45% merlot. Vignes sises à Entiklar (Margreiter Leiten) au sud de Bolzano. Sols argilo-sableux profonds d’origine morainique à forte teneur en calcaire. Altitude entre 260 et 330 m. Exposition S et SE. Fermentations en cuves béton puis élevage de 12 mois en barriques puis de 6 mois en foudres.
Premier nez torréfié avec un boisé noble mais un peu international. Il s’estompe cependant pour proposer des senteurs de fruits rouges et noirs macérés (framboise, mûre), de sous bois, de terre humide remuée, de tabac et de poivre noir. La bouche est ample, concentrée et puissamment structurée par de magnifiques tanins gras. Malgré tout, le vin conserve du jus, de la fraîcheur et de l’élégance. Très grande persistance finale impactée par une extraction importante apportant des amers de qualité mais assez conséquents et une architecture globale masquant un peu le fruit. Gros potentiel.
Weingut Hans und Anita Nittnaus Comondor 2006 (Neusiedlersee – Autriche)
Assemblage de 55% merlot, 20% blaufränkisch et 25% zweigelt. L’assemblage tout comme l’origine des raisins a varié énormément au cours du temps tout en restant en rive est du lac de Neusiedl. Le merlot et le zweigelt proviennent de terrains argilo-limoneux alors que le blaufränkisch est issu de coteaux calcaires. Elevage en tonneaux de 500 l.
Bouquet expressif sur le café, la chicorée torréfiée et la créosote ainsi que sur la confiture de fruits des bois. S’y ajoutent vite des notes de réglisse, de feuilles mortes, d’orange sanguine et de jus de viande. La bouche est déliée, davantage en finesse qu’en puissance. Les tanins sont fondus mais assurent malgré tout la charpente nécessaire pour subtilement structurer un ensemble frais et équilibré. Fin de bouche plus minérale avec des notes sombres en rétro de caillasse brûlée. Finale bien persistante combinant au mieux fruit et végétal avec un peu d’épices. Beau vin, à point pour un moment et très bordelais dans l’esprit. Bel accord avec la viande.
Château Léoville Las Cases Grand Vin Saint Julien 1993
Assemblage spécifique du millésime : 64% cabernet sauvignon, 15% cabernet franc, 15% merlot et 6% petit verdot.
Bouquet assez réservé mais élégant sur des senteurs de cuir de Russie, de graphite, de tabac, de confiture de prune puis de cerise et de framboise avec une pointe d’encens, de sous bois et de café froid. La bouche est pleine et fraîche, en demi-corps avec des tanins fondus laissant transparaître une petite trace de vert. L’équilibre est parfait et assure au vin une présence pleine de classe. Finale fraîche, un peu acidulée mais très persistante avec un retour d’une ossature plus végétale qu’attendu. Très belle bouteille, à point et à boire.

Fromages italiens (camembert di bufala, tomme des Dolomites, fontina d’alpage, taleggio bufala, chèvre pimenté).
Ktima Tetramythos Retsina Amphore nature Epsilon 2025 (Péloponnèse – Grèce)
100% roditis planté sur les collines argilo-calcaire du nord du Péloponnèse à 750 m d’altitude. Pur jus de goutte. Fermentations en amphore avec ajout minimal de résine (1 kg par tonne de raisins) provenant de pins du domaine. Elevage en cuve.
Bouquet ouvert sur la poire, la pêche blanche, un peu d’agrumes et les fleurs odorantes (jasmin). S’y ajoute un côté balsamique discret et des nuances plus fumées et iodées. La bouche est élégante et même presque délicate, parfaitement équilibrée et fraîche. On retrouve un côté légèrement résiné en fin de bouche mais il ne fait qu’être suggéré tellement c’est léger. Longueur correcte avec du fruit mais sans relance particulière. Une retsina voulue comme « sophistiquée » et dans le style, c’est parfaitement réussi à tel point qu’à l’aveugle le côté résiné est imperceptible.
Az. Agr. Pinsoglio Vino Bianco Oreste 2024 (Piémont – Italie)
100% viognier. Jeunes vignes plantées pour remplacer l’arneis dans le secteur du Roero sur la commune de Castellinaldo (lieu-dit Giaconi). Sols argilo sableux et calcaire. Exposition nord. Fermentation en cuve et élevage en tonneau. Le vin présenté est un soutirage direct avant commercialisation. La cuvée portera le nom d’Oreste en hommage au père du propriétaire actuel, père décédé prématurément en pleine force de l’âge, il y près de 30 ans.
Nez ouvert sur les abricots rôtis, la levure de bière, les herbes aromatiques (entre romarin et sauge), un peu de fruits secs et une pointe de violette en fond de nez. La bouche est fluide et fraîche avec des amers rustiques qui ne cassent cependant pas l’équilibre global de l’ensemble. Le jus est mûr et bien sapide, on a une présence en bouche agréable même si le vin n’est pas vraiment concentré et manque sans doute un peu de relance et de réelle complexité. Jolie longueur finale avec quelques amers et des notes de bonbon à la violette.

Bavarois au chocolat et aux fruits rouges
Domaine de Pierre Bise Coteaux du Layon Beaulieu L’Anclaie 1995
Robe cuivrée très foncée avec des larmes énormes. Premier nez curieusement végétal puis la naturel revient : caramel, sucre candi, fruits jaune à noyau confits et raisin de corinthe discret. Ensuite, à l’aération, des senteurs de poire cuite, de beurre fondu noisette et de croûte de pain donnent un peu de variété, le tout en pleine retenue. La bouche est puissante et dynamisée par une belle acidité de fond. C’est riche, la liqueur est imposante et impacte le palais. A vrai dire, cela manque un peu de finesse pour rendre l’ensemble vraiment sapide car, sur la longueur, l’acidité, pourtant bien présente, peine à s’exprimer face au sucre en milieu de bouche. Par contraste et pour contredire, la fin de bouche, assez persistante, ne colle pas et maintient une certaine fraîcheur. Sans doute magnifique pour les « becs à sucre » ; pour moi, plutôt décevant et un peu fatigant à la longue…